Patrick BERNARD, Cofondateur de C.I.E.LO et Cindy PIETE, ex Présidente de l'Association des Ludothèques de FranceLe 9 mai 2015, les 20 ans de l’Association Coopération Internationale pour les Equilibres Locaux (C.I.E.LO) ont été célébrés à La Rochelle, siège de cette O.N.G.

En photo : Patrick BERNARD, Cofondateur de C.I.E.LO et Cindy PIETE, ex Présidente de l'Association des Ludothèques de France

 

Déléguée par Ruddy RACON, parrain de cette association auprès de la Fondation EDF, dans le cadre de ses trophées 2011, Claude BENARD a pu participer aux manifestation qui s’y tenaient (exposition photographique rétrospective, vente d’artisanat, table ronde, projection de documentaire….) et interviewer Patrick BERNARD, Directeur et cofondateur de l'ONG.

Claude BENARD, Vice-présidente de l'AAE
Claude BENARD, Vice-présidente de l'AAE

CB : M. BERNARD, comment avez-vous été amené à créer l’O.N.G. C.I.E.LO ?
PB : Ma formation initiale en logistique humanitaire m’y prédisposait. Ma rencontre au Tchad en 1989 avec Peter SZERB (d’origine Hongroise, issu de la même formation), puis mon installation au Chili en 1995, et enfin la création en commun de C.I.E.LO la même année, ont été les déterminants de cette action humanitaire. L’idée de la création d’une première ludothèque en Amérique Latine au Chili nous a semblé opportune pour commencer cette aventure, puisque j’y résidais !

Peter SZERB, cofondateur de C.I.E.LOPeter SZERB, cofondateur de C.I.E.LO

CB : Pouvez-vous nous présenter votre action ?
PB : L’objet de C.I.E.LO est d’améliorer les conditions de vie des enfants et des familles vivant dans des quartiers défavorisés de pays en développement. Nous cultivons l’activité ludique comme véritable ressource pour les plus démunis en créant des ludothèques, dans des bâtiments prêtés gracieusement par les organisations partenaires locales, ou qui sont construits grâce au soutien d’organismes français et internationaux, principalement des fondations. Les personnes qui s’occupent des ludothèques vivent toutes dans des quartiers défavorisés et sont majoritairement des femmes, ce qui valorise leur rôle dans la société. Elles sont formées comme ludothécaires par C.I.E.LO et rémunérées par notre association ou ses partenaires.

Une des premières bénéficiaires de C.I.E.LO, au Chili, il y a 20 ans
Une des premières bénéficiaires de C.I.E.LO, au Chili, il y a 20 ans

CB : On peut s’étonner que, même en temps de crise, des personnes continuent à engager leurs propres fonds pour aider les plus pauvres. Avec quels types de partenaires travaillez-vous ?
PB : Les Fondations financent bien évidemment beaucoup de nos actions, mais il existe également nombre d’entreprises privées qui nous soutiennent. Il faut sortir de l’idée de « déduction fiscale » et apprécier cette philanthropie en solidarité internationale à sa juste valeur. Les effets d’une mobilisation des salariés de ces entreprises sont souvent bénéfiques sur l’ambiance qui y règne. Enfin, le mécénat n’est pas qu’artistique. Ces actions sont très valorisantes pour l’entreprise.

CB : En lisant vos bulletins respectifs des 10e et 20e années d’existence, on s’aperçoit que le nombre de vos actions a doublé, ainsi que celui de leurs bénéficiaires (30000 et maintenant 60000). Uniquement par la création de ludothèques ?
PB : Nous avons d’abord travaillé dans les quartiers défavorisés de pays d’Amérique Latine, d’Afrique et du Proche-Orient, et avons constaté qu’une fois les ludothèques installées, leurs portes s’ouvrent vers d’autres projets de développement. C’est ainsi que l’organisation de festivals du jeu le temps d’un week-end autour des ludothèques ou des activités ludiques itinérantes permet de les faire connaître et leur apporter des ressources financières qui l’aident à devenir autonomes. Ensuite, on peut étendre notre action en créant des bibliothèques, comme au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. La crédibilité installée, on peut ensuite y adjoindre l’éducation par le sport collectif, comme en Colombie et en Côte d’Ivoire, et financer les études de jeunes orphelins ou orphelines, comme au Burkina Faso. Et pour finir, aller jusqu’à la création de bornes-fontaines, comme dans les quartiers voisins de la ludothèque du Bénin, et créer des emplois locaux de fontainiers.

Mme RULLAUD, entourée de ses 4 filles Agathe, Marie-Hélène, Françoise, de sa petite fille Valentine,  et Catherine, qui a encadré les photos de l'exposition rétrospective de C.I.E.LO

Mme RULLAUD, entourée de ses 4 filles Agathe, Marie-Hélène, Françoise, de sa petite fille Valentine, et Catherine, qui a encadré les photos de l'exposition rétrospective de C.I.E.LO

CB : Travaillez-vous de concert avec d’autres O.N.G. ? Je pense à Electriciens sans frontières, notamment, proche d’EDF
PB : Lorsque cela est possible, bien évidemment. Cependant, la mutualisation entre O.N.G. est assez difficile. Nous n’avons pas forcément le même « timing » ni les mêmes structures (nous sommes une O.N.G avec des coûts d’intendance volontairement limités). Nous n’avons cependant pas encore eu l’occasion de le faire avec cette association, pourtant plus proche de la nôtre que les plus connues…

CB : Une dernière question. J’ai lu que vous cherchiez à étendre vos actions en direction de l’Asie, et plus particulièrement du sud-est asiatique. Y avez vous déjà des projets ?
PB : Pas encore, mais nous pensons que divers pays en développement dans cette partie du monde pourraient bénéficier de notre dynamique, le Laos, le Cambodge, voire la Birmanie et le Viet-Nam ? Pour ce faire, puisque nous n’y avons pas de partenaires locaux actuellement, il suffit qu’une association locale soit demandeuse de la création d'une ludothèque dans le cadre de ses actions, pour qu’un projet commun, validé par l’un de nos partenaires, puisse aboutir. Rappelons cependant que C.I.E.LO débute toujours son activité dans un pays nouveau par la création d'une ludothèque et l’étend éventuellement ensuite à d'autres thématiques.

CB : Je vous remercie au nom de l’AAE, et ne manquerai pas d’essayer de vous aider à trouver ce type d’association.

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